L’AUGMENTATION MAMMAIRE
Dr Doug Rossillon - Bruxelles, Belgique

 

Introduction :

Au niveau mammaire, trois types d’interventions sont réalisables : chacune peut être réalisée de manière individuelle ou peut être couplée à une des autres interventions.

  1. Description générale :

 

L’implantation d’une prothèse permet d’augmenter le volume des seins. En cas de ptose, par effet indirect, l’augmentation corrige cette ptose.

Souvent, après un allaitement, la glande mammaire a tendance à fondre. Il existe alors une forte asymétrie entre le contenant (la peau) et le contenu (la glande mammaire) du sein.

Le sein a tendance à ptoser et la mise en place d’une prothèse corrige donc partiellement la ptose.

 

Une prothèse est un " sac " qui contient un contenu.

Dans le passé, historiquement, le sac était lisse et donnait dans 30 % des cas une contraction capsulaire, soit une réaction de l’organisme à la prothèse. Cette capsule se soldait par un sein plus dur et qui avait tendance à se situer trop haut.

Depuis environ 5 ans, on utilise actuellement des prothèses texturées (dont l’aspect extérieur est grumeleux). Ces prothèses ne donnent plus que 3 à 5 % de contraction capsulaire.

 

Plusieurs types de contenu existent actuellement. Deux d’entre eux sont éprouvés et d’autres ne sont qu’expérimentaux.

Les contenus expérimentaux sont les hydrogel, les triglycérides et les gels de collagène. Comme nous n’avons que quelques années de recul, le devenir de ces prothèses ne peut être garanti à long terme.

Les prothèses éprouvées sont celles qui sont remplies soit de sérum physiologique (d’eau) soit de gel de silicone.

Le sérum physiologique présente 4 désavantages sur le gel de silicone :

Les prothèses remplies de gel de silicone existent sous trois formes différentes :

Il est actuellement tout à fait démontré que le silicone ne donne ni cancer ni maladie auto-immune et ce sur base de nombreuses études réalisées sur des dizaines de milliers de femmes, publiées dans les plus grandes revues médicales mondiales comme le New England Journal of Medicine.

B. Intervention :

Plusieurs consultations préopératoires sont nécessaires et capitales à la réussite de l’intervention . Elles permettent de choisir le modèle de prothèse et donc le modèle de sein souhaité.

Le volume est déterminé en essayant divers tailles de soutien-gorge dans une bonneterie et en les remplissant avec de l’ouate.

Le soutien du volume souhaité est alors acheté, ce qui me permettra de réaliser une reconstruction tridimensionnelles et de déterminer le volume nécessaire.

La forme et la position des prothèse sont déterminés par étude de morphing.

Une fois la prothèse choisie, l’intervention peut alors être programmée.

Celle-ci peut être réalisée en clinique de jour pour réduire les frais.

Environ huit jours avant l’intervention, la patiente doit voir l’anesthésiste et réaliser la mise au point préopératoire.

La veille de l’intervention, l’étude de morphing doit être terminée et les prothèses doivent être définitivement positionnées en effectuant un dessin préopératoire.

L’intervention a lieu le lendemain matin tôt. Le soir même, la patiente peut souvent quitter la clinique de jour. Les drains sont contrôlés le lendemain de l’intervention et sont retirés au troisième jour postopératoire.

Les cicatrices sont positionnées dans le sillon sous-mammaire pour les patientes ayant des seins ptosés, ou dans le creux axillaire, ce qui les rend parfaitement invisibles (Dans ce cas, le décollement est effectué par voie endoscopique).

L’incision autour de l’aréole ne se pratique plus car elle est la plus visible et est historique.

Les complications immédiates possibles sont un éventuel hématome nécessitant d’être drainé.

Les complications à long terme sont rarissimes et consistent en un déplacement de la position d’une prothèse et éventuellement une capsule.

 

C. Les suites opératoires :

 

Les fils sont résorbables et ne doivent pas être retirés.

Un soutien-gorge spécial est le plus souvent prescrit en postopératoire car il maintient les prothèses en place et évite qu’elles ne remontent.

Tout mouvement des bras au-delà de 90° est proscrit pendant un mois et tout exercice de force pendant trois mois.

La forme n’est définitive qu’au troisième mois postopératoire car il existe bien sûr un léger gonflement. Les cicatrices ne sont définitives qu’au bout d’un an.

Les mammographies et contrôles classiques des seins est tout à fait possible mais il est préférable de les faire réaliser par un radiologue spécialisé en sénologie.

Les prothèses ne doivent pas être changées systématiquement. En cas de changement de forme des seins , d’apparition de douleur ou de fort coup , un examen par le chirurgien complété par une échographie et éventuellement une résonance magnétique permettra de déterminer si les prothèses doivent être changée.